Amazon retente la vente de produits frais

Publié le par Grégory Bellemont

logo-amazonFresh-splashLanding.gifAprès avoir subit un échec, Amazon ne veux pas en rester là et souhaite à nouveau tenter l'expérience de la vente de produits frais.
Depuis début août, une nouvelle boutique en ligne a été lancée à l'état de test : AmazonFresh, une cyber-épicerie, actuellement réservée à la région de Seattle.
Ce business est extrèmement risqué en raison de délais de livraisons qui ne peuvent supporter aucun problèmes de retard. La part du commerce électronique de détail n'est d'ailleurs pas très développé aux Etats-Unis, avec seulement 2,5% des ventes. De plus, le commerce électronique privilégie les marchés du tourisme ainsi que le multimédia et high-tech.
Amazon avait déjà tenté l'expérience en 1999, 4 ans après sa création, et avait investit 42,5 millions de dollars dans une épicerie en ligne en Californie : HomeGrocer.com.
Toutefois, quelques mois plus tard, Jeff Bezos, PDG d'Amazon, pressentant sans doute l'éclatement de la bulle Internet, la revend à Web­van, une autre entreprise de livraison de fruits et légumes en ligne, créée par le cofondateur des librairies Borders, Louis Borders (une marque répandue outre-Atlantique). La vente par Amazon avait été bien conjecturée puisqu'en 2001, la boutique fait faillite. La même année, Amazon veut à nouveau rentrer dans le marché des produits frais mais cette seconde tentative se solde à nouveau par un échec. Amazon avait investit alors 60 millions de dollars dans un site Kozmo.com, à New-York. La start-up s’engage à livrer les courses en une heure, un défi qu’elle ne relève pas: elle ferme ses portes la même année. Voici un article paru à cette époque sur le site 01net.com


Kozmo.com met la clé sous la porte
La livraison à domicile ne fait décidément pas recette. L'américain Kozmo.com, connu pour son service de livraison ultrarapide, n'a pas réussi à valider son modèle.

La rédaction (avec Reuters) , 01net., le 13/04/2001 à 15h19

Le site Internet américain de livraison à domicile en moins d'une heure Kozmo.com a fermé ses portes et licencié ses 1100 salariés. Le site a été fermé mercredi après-midi. Selon des sources internes, la liquidation a été décidée après l'arrêt, cette semaine, des discussions de fusion entre Kozmo et une société californienne spécialisée dans la livraison à domicile de produits d'épicerie, PDQuick.

" Avec plus de temps et un marché plus propice, Kozmo aurait réussi " , a déclaré Gerry Burdo, PDG de Kozmo.

Créé en 1997, Kozmo livrait une large gamme de produits allant des sucreries à la hi-fi, en passant par les livres et les CD. En mars 2000, le géant Amazon.com avait obtenu d'utiliser les services de Kozmo pour une durée de trois ans ainsi que 22 % du capital de la start-up pour un investissement de 60 millions de dollars.

Au total, la société avait réussi à lever près de 280 millions de dollars de capitaux auprès d'investisseurs prestigieux tels que Flatiron Partners, le géant du café Starbucks, et le japonais Softbank. Kozmo avait dû renoncer à une introduction en Bourse l'été dernier à cause du retournement à la baisse des marchés.

En France, une start-up proposant des services équivalents, KoobuyCity, a déposé son bilan en novembre dernier. Comme Kozmo, la galerie marchande s'était fait connaître grâce à son service de livraison en moins d'une heure à Paris et dans la région parisienne.

En juillet, Amazon a annoncé une hausse de son bénéfice net de 254% au second trimestre de 2007 par rapport à 2006, ce qui a sans doute contribué à vouloir tenter cette expérience risquée.
Cette fois, avec AmazonFresh, le groupe se veut prudent et se limite à la zone restreinte de Seattle,où se situe le siège social de la société et cible les 22.000 habitants du quartier de Mercer Island.
«Cela commence à peine, c’est très petit, explique un porte-parole du groupe, Craig Berman. Nous en sommes à la phase expérimentale.»
Des bottes de carottes bio pour 1,79 dollar, des steaks pour 1,99 dollar… Les avantages : «Des prix compétitifs et des livraisons gratuites», pour une commande de plus de 50 dollars (25 dollars si elle est passée au lever du jour). En deçà, il faudra payer 9,99 dollars la livraison. Outre la possibilité d’être livré à domicile, reste celle de se rendre à un point relais pour récupérer ses victuailles. Une option qui laisse sceptique Terry Drayton, fondateur du défunt HomeGrocer. «C’est le genre d’idées qui paraissent bonnes à tout le monde sauf aux clients, a-t-il déclaré à la presse locale. Les gens veulent être livrés dans leur cuisine.» Certes, mais les points relais répondent à un problème spécifique de la vente en ligne : «Les livreurs sont confrontés, une fois sur deux, à l’absence des clients à leur domicile, rapporte l’économiste Alain Rallet. Ça coûte très cher de revenir.» En gros, ces produits posent deux problèmes : ils ne rentrent pas dans la boîte aux lettres aussi facilement qu’un tome de Harry Potter - première vente en ce moment sur Amazon.com. Et, frais et périssables, ils nécessitent un circuit réfrigéré. Au total, temps de livraison, coût, fourchette horaire et système d’emballage sont des paramètres subtils à mettre en musique. Aux Etats-Unis, quelques épiciers virtuels ont survécu à l’hécatombe postbulle. AmazonFresh, s’il s’étendait, serait en concurrence avec Peapod.com dans une grande partie de l’Est, ainsi que FreshDirect, et YourGrocer.com sur le marché new-yorkais. Une ville où peu de résidents disposent d’une voiture pour transporter leurs courses.

Amazon va-t-il réussir ce pari fou ? Va-t-on voir en Europe se développer une branche d'Amazon concernant les produits frais ? Affaire à suivre...

Publié dans Actualité

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