Samedi 20 mars 2010
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Le commerce électronique permet de pouvoir plus facilement acheter à l'étranger. Cependant, l'essor des ventes par Internet
représente un danger pour la biodiversité. En effet, certaines espèces animales sont aisément vendues sur la Toile. Le triton de tacheté de Kaiser (Neurergus kaiseri) est une petite salamandre
d’Iran peu connue, cependant elle risque de devenir tristement célèbre en devenant la première espèce à devoir être protégée à cause du e-commerce.
Selon le site Futura-Sciences, moins de mille tritons tachetés de Kaiser existeraient encore à l’état sauvage dans la nature. Cette
espèce endémique de l’Iran est donc considérée comme en danger critique d’extinction par l’UICN (International Union for Conservation of Nature).
Pourtant, cet animal est aisément vendu sur Internet et ses effectifs ont baissé de 80% ces dernières années.
Cet amphibien est ainsi devenu emblématique de la menace supplémentaire que fait peser le e-commerce sur la
biodiversité. Difficilement contrôlable et très bon marché, Internet est un nouveau vecteur de la commercialisation des espèces menacées, comme des espèces invasives d’ailleurs. Il suffit de
taper Neurergus kaiseri dans un moteur de recherche pour s’en convaincre. Plusieurs offres de ventes apparaissent...
En 2006, l’ONG Traffic, un réseau de suivi du commerce des espèces sauvages et des
menaces induites sur leur conservation, avait notamment répertorié 10 sites qui affirmaient avoir des Neurergus kaiseri en stock...
En conséquence, le triton tacheté de Kaiser est proposé à l’annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d'extinction (Cites). C'est le plus haut niveau de protection, imposant l’interdiction totale de commercialisation.
Face à la menace croissante de l’e-commerce et à ses spécificités, la Cites souhaite aller plus loin. Elle projette de mettre en place une base de données internationale sur ce commerce, de
commissionner des études scientifiques sur les relations entre e-commerce et érosion de la biodiversité et de travailler plus conjointement avec l’organisation internationale de la police
criminelle, Interpol.
L’évolution de la société et des moyens technologiques appellent en effet à l’évolution des outils de la conservation de la biodiversité. Sans une telle adaptation, les efforts de
préservation risquent de devenir vains.
Par Grégory Bellemont
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Publié dans : Actualité