L'e-logistique passée au crible

Publié le par Grégory Bellemont

Pour tout e-commerce, le problème de la logistique est un point important car un retard de livraison ou un transport dans de mauvaises conditions peuvent vite se révéler terrible pour une boutique en ligne.
Le cabinet d'études économiques sectorielles Xerfi a publié les résultats d'une enquête sur la logistique dans l'e-commerce. Cette étude baptisée "Panorama de la chaîne e-logistique et analyse du jeu concurrentiel" a permis d'obtenir des résultats relativement intéressants.
Tout d'abord, la part de marché de La Poste pour les livraisons issue du commerce électronique, qui s'élève à 30%, fait ce celle-ci l'acteur numéro un de l'e-logistique.
 D'autre part, on constate l'énorme succès des points relais pour lesquels cinq acteurs sont présents sur le marché : Kiala, DistriRelais (Adrexo), A2pas, Relais Colis (groupe PPR via Sogep) et Mondial Relay (Groupe 3 Suisses). En regroupant les flux vers une seule destination, les points relais permettent ainsi d'éviter les difficultés du dernier kilomètre et de réduire les coûts de livraison des e-commerçants et des transporteurs.
Autre élément que relève cette étude est que, bien que de nombreux e-commerçants sous-traitent leurs livraisons, 80% à 90% des marchands du Web internalisent encore leur logistique.
Ainsi, beaucoup d’e-commerçants se refuseraient encore, selon l’étude, à externaliser le poste logistique : des leaders de l'e-commerce en France, tels Amazon, Pixmania et Cdiscount ont depuis longtemps investi dans leurs propres entrepôts.
Mais, selon cette même étude, la donne pourrait changer. L’amélioration récente de l’offre des prestataires de l'e-logistique, à l’instar de Crosslog, Orium, L4 ou encore Morin Logistic, serait de nature à permettre une redistribution des cartes. 
Ces pure players de l'e-logistique sont en effet parmi les premiers à proposer des solutions globales dédiées aux e-commerçants. Et cela avec succès. 
Les acteurs du marché de l'e-logistique ont en effet affiché une croissance annuelle moyenne de leur chiffre d’affaires supérieure à 25% entre 2005 et 2010. 
Et pour cause. Attirés par la croissance à deux chiffres du marché de l'e-commerce, expressistes et grands logisticiens (comme Sogeros ou Arvato Services) étoffent également leur offre à destination des cybermarchands. Les contraintes du commerce électronique, mises en perspective dans cette étude ? Des délais de livraison courts, des pics d’activité en période de promotion et lors des fêtes de fin d’année, des envois et une livraison à domicile fractionnés. Habitués à livrer des commandes massives et homogènes à un nombre restreint de points de livraison, vendeurs et logisticiens doivent désormais être capables de répondre au traitement de marchandises unitaires et très variées et à la livraison de petits colis à une multitude de destinataires. Cette adaptation a pendant longtemps retardé leur entrée sur le marché de l'e-commerce. Cependant, l’offre d’externalisation a des atouts à faire valoir. Elle permet aux e-marchands de se recentrer sur leur cœur de métier (marketing, prospection…), d’absorber les pics d’activité grâce à une grande flexibilité et donc d’optimiser les coûts. Elle serait notamment une solution pour des start-up à la croissance rapide. Mais pas uniquement. Mistergooddeal, un des sites marchands leaders en France, a cédé en 2008 ses activités logistiques à Wincanton, acteur européen de solutions couvrant l’ensemble de la supply chain pour opter pour une solution externalisée.
Ainsi, de nombreux services e-logistiques ont vocation à évoluer (consigne automatique, retrait en entrepôt, livraison dans la journée…). Pour gagner en réactivité, en flexibilité et en qualité de services, les cybermarchands et les logisticiens continuent à innover… Pour Alexandra Boulègue, auteur de l’étude, l’année 2010 confirmera d’ailleurs l’émergence d’une offre logistique dédiée aux e-commerçants.

(Source : E-commerce mag
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